Seul, seul sur la route
Il pleut
Je sens la pluie sur ma peau
Inonder mon âme de ses maux
Toutes ces larmes d'idéaux
Je sens l'odeur du souffre
Un orage froid et glacial semble gronder
Au loin, une lune écarlate se dresse au-dessus de moi
Un tonnerre tonitruant explose dans mes tympans
La foudre est semblable à ces putains de sentiments
Que les gens sont fous de leur ignorance
Je sens que je vais attraper la mort
Dans cet univers où personne ne s'aventure
Le langage est une science trop dure
Un peu comme les graviers crissent
Sous chacun de mes pas fébriles
Arriverais-je à dompter ma maladie?
La lune me fixe, incandescante, elle a comprit
Que je suis perdu sur ma route
Les éclairs déchirent le ciel
Noir, opaque, comme le fond de mes pensées
L'atmosphère est lourde
Chargée d'électricité
Un peu comme un soldat de plomb
Jeté de l'avion sans parachute
Je sens une douleur dans mes mains
Le sang coule tous les matins
Le travail est dur, j'attends le trépas
J'écris des trucs qui font sourire les ignorants
Moi aussi je porte ma science dans mes brûlures
Je n'arrive jamais à croire aux aventures
Mais celle-là dure,
Telle une nuit infinie, subtile
Aux sombres couleurs blessantes
Les amours s'envolent comme le tonnerre tone
Et je m'étonne toujours autant de tant de frivolité de leur part
On dirait qu'elles sont capables d'aimer n'importe qui
Pourvu qu'on les aime elle, pourvu qu'on leur fait croire
Qu'on les aime, alors qu'on préfère se sentir aimer
L'humain est un être d'égoisme.
Elles sont toutes égoïstes.
Moi je suis le marcheur solitaire
Qui a pour compagne son ombre éphémère
Reflet pâle sans l'once d'une gêne
Dans les flaques pourpres de la géhenne
Oui je suis un démon comme un autre
Cassé, bousillé, crevé, écoeuré
Par les archanges qu'il fréquente
Dégoutté de ces amours égoïstes
Même une putain altruiste
Sent meilleure que ces vastes mensonges
La vie, je la sens dans mes veines
Comme un feu éternel
Comme du vinaigre blanc
Un éther incandescent
Une rage qui ne veut pas s'éteindre
Et elles, se pavanent dans l'amour qu'on leur porte
Sous ma veste frêle je m'en moque
Je leur en donne des claques pour les réveiller,
Je leur prend leur putain de coeur
Et je le fais saigner
Jusque dans les plus sombres recoins de leurs peurs
Les angoisses sont aussi profondes
Que la noirceur de cette nuit orageuse
Et je sais que tu trouves con
Qu'on puisse écrire ces mots
Mais lorsque l'on n'a pas l'amour
Ni l'horizon
Pour éviter les orages d'été
On écris cette merde débile
Pour qu'elle sorte comme notre bile
Aussi noire que le cadavre d'un mécréant
Pour qu'elle sorte
Comme toutes ces choses dégueulasses
Me violent
Tous les jours:
Ta gueule
Ta farce
Ton théatre de guerres
Ton argent délétère...
Ouais, beaucoup de trucs comme ça
Et qui font que je t'emmerde
Parce que même si tu ne te souviendras pas de moi
Je n'arrive toujours pas à avaler
Ce poison que tu me forces de goûter
Dans ta société névrosée
Par ses vices milités
Je trouve enfin ma maison
Dans cette nuit d'enfer
Et sachant que les saisons
Sont comme l'huis avant l'hiver
Je sombre dans mon sommeil
Dans mon lit
Pour t'oublier.
Au plus profond de la nuit
Un cris
De haine.


